Primitifs modernes

Cinq dandys au talent indiscutable et à la fraternité flagrante, ces amis de longue date n’ont rien à envier aux plus grands. Les membres de La Maison Tellier brisent les stéréotypes associés au rock français et lui apportent un vent de fraîcheur. Mais c’est bien avec la musique country que ces cinq amis ont fait leurs débuts à Rouen en 2004. Sur fond de banjo, c’est avec enthousiasme que le groupe nous livre ses premières chansons, comme Cactus kid, teintées d’un air de western. Grâce à cet éclectisme et à cette identité sonore, La Maison Tellier se retrouve vite à jouer sur les plus grandes scènes françaises, et même internationales, en Europe et outre-Atlantique. Des textes réfléchis rappelant la plume d’Alain Souchon, un air entraînant à la R.E.M et un titre original, il n’en a pas fallu plus à leur nouvel album pour connaître la notoriété. Dans la chanson éponyme et première de l’album « Primitifs modernes », Helmut nous donne une interprétation incisive accompagnée de sonorités synthétiques puis brutes qui nous ramènent à l’essentiel. C’est un rock simple mais efficace, au rythme éloquent : on ne peut s’empêcher de secouer la tête en l’écoutant. Cette chanson nous amène à nous questionner sur l’humanité et l’évolution. Nous sommes entourés de nombreuses technologies qui se multiplient à un rythme effréné alors que l’on les maîtrise à peine : c’est d’ailleurs la seule chose que nous avons de moderne. Cette musique vise à nous rappeler que nous ne sommes pas si différents des hommes des cavernes car nous avons les mêmes peurs et les mêmes doutes. Ainsi, serions-nous donc tous des « primitifs modernes » ?

Ludine Hernandez-Pedowska (Lycée Saint Exupéry de Lyon)